La Fédération Togolaise de Football (FTF) par le biais du Gouvernement Togolais a franchi un pas décisif vers une nouvelle ère du football national. La semaine dernière, elle a officiellement lancé la Ligue de Football Professionnel du Togo (LFPT). L’objectif est clair : organiser, dès septembre 2026, le tout premier championnat professionnel du pays. À la tête de cette nouvelle structure, Me Wilson-Bahun Têtê aura la lourde mission de poser les bases solides de ce futur championnat.
Une avancée saluée par les acteurs du terrain
Pour mieux comprendre l’impact de cette réforme, notre rédaction est allée à la rencontre de plusieurs acteurs du championnat D1 Lonato. Ils sont les premiers concernés, et leurs réactions permettent de mesurer l’espoir suscité par cette initiative.
Lucien Djassayo, latéral gauche de l’Entente II de Lomé, voit dans cette décision « un pas en avant pour le football national ». Il estime que cela « va redonner une belle image de notre championnat par rapport aux autres pays de la sous-région, faciliter les transferts des joueurs et permettre aux clubs étrangers de venir dénicher les talents locaux. »
Même enthousiasme du côté de Hounze Abdoulaye, capitaine de l’AS Tambo, qui salue « une bonne chose pour les acteurs du football togolais ». Il ajoute : « Dans professionnalisme, il y a profession. Ce qui était une passion devient désormais un métier reconnu, un véritable gagne-pain. » Le milieu de terrain espère d’ailleurs que cette réforme attirera des managers et des investisseurs vers les clubs.
Des attentes fortes pour accompagner le projet
Au-delà des encouragements, certains joueurs n’ont pas manqué de formuler des attentes concrètes. C’est le cas de Bernard Achiagbon, défenseur de l’AS OTR, qui dresse une liste claire des améliorations nécessaires pour rendre cette réforme réellement efficace :
- Augmenter les subventions accordées aux clubs
- Doter chaque club de son propre terrain
- Offrir des logements décents aux joueurs
- Inscrire les noms des joueurs sur les maillots pour plus de visibilité
- Assurer la diffusion télévisée de tous les matchs
- Fixer un salaire minimum de 150 000 FCFA
- Garantir un bon encadrement technique et médical
- Fournir les équipements d’entraînement nécessaires
- Organiser des formations pour les entraîneurs
- Obliger chaque club à rechercher des sponsors
Un tournant à ne pas manquer
L’annonce de la LFPT marque donc un tournant historique pour le football togolais. Si les ambitions sont grandes, les attentes le sont tout autant. Les joueurs et les clubs espèrent désormais que cette professionnalisation ne restera pas un simple effet d’annonce, mais qu’elle aboutira à une réelle transformation de leur quotidien.
Rendez-vous est pris pour septembre 2026. En attendant, le chantier est ouvert.
Hervé AKAKPO

