Togo/ Affaire de soupçon de matchs truqués dans le football togolais : l’Assemblée nationale veut toute la lumière
L’affaire dite de matchs truqués dans le football togolais continue de faire des vagues. Après les sanctions prononcées par la Commission de discipline de la Fédération Togolaise de Football (FTF), le dossier s’est désormais invité à l’Assemblée nationale. Les députés, dans leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, ont interpellé le ministre délégué chargé des Sports et la ministre du développement à la base afin d’obtenir des éclaircissements sur la gestion de cette affaire qui a suscité de nombreuses réactions au Togo comme à l’extérieur du pays.
Les élus du peuple veulent comprendre les circonstances exactes ayant entouré cette affaire et s’assurer que toute la lumière soit faite. Pour eux, si les éléments recueillis révèlent des faits suffisamment graves pour que le dossier soit suivi de procédures appropriées.
L’affaire a éclaté au grand jour après la diffusion d’un message audio dans lequel deux acteurs du football togolais évoquaient des possibilités d’arrangement autour de rencontres sportives. La publication de cet enregistrement a rapidement provoqué une vive polémique dans le milieu sportif national et a placé les instances du football sous pression.
Saisie du dossier, la Commission de discipline de la FTF a mené ses investigations avant de prononcer des sanctions contre les deux responsables directement impliqués. Le technicien franco-congolais Théophile Bola a écopé de cinq ans et demi de suspension, tandis que Toulassi Kokou, président de Espoir FC, a été suspendu pour une durée de six ans.
Dans l’enregistrement au cœur de la polémique, plusieurs autres responsables du football togolais, dont certains membres du bureau exécutif de la FTF, avaient également été cités. Après examen du dossier, la Commission de discipline a toutefois décidé de ne retenir aucune charge contre eux.
Avec cette interpellation au Parlement, l’objectif n’est pas forcément de remettre en cause la décision de la FTF ni de se substituer à ses organes juridictionnels. Il s’agit plutôt, selon les députés, de garantir la transparence et de permettre une compréhension complète d’une affaire qui a terni l’image du football togolais à l’international, à quelques mois du lancement du championnat professionnel annoncé par l’État.
À l’issue des échanges à l’Assemblée Nationale, la mise en place d’une commission indépendante a été retenue afin d’approfondir les investigations. Cette commission devra fonctionner sans la participation des membres de la FTF ni ceux du ministère en charge des Sports, avec pour mission de faire toute la lumière sur cette affaire et d’établir clairement les responsabilités éventuelles.
Alors que le football togolais s’apprête à franchir une nouvelle étape avec la professionnalisation annoncée, cette affaire représente un véritable test de gouvernance et de crédibilité pour l’ensemble des acteurs du sport roi au Togo.
Hervé AKAKPO

