Depuis le limogeage du staff technique conduit par le technicien togolais Nibombé Daré, les Éperviers du Togo sont sans sélectionneur national. À l’approche de la trêve internationale de mars, la Fédération Togolaise de Football (FTF) s’active en coulisses pour désigner un successeur capable de redonner un nouveau souffle à la sélection nationale.
Selon les informations parvenues à notre rédaction, la faîtière du football togolais étudie plusieurs profils, parmi lesquels des techniciens bien connus du public sportif togolais. Un nom revient avec insistance : Hubert Velud.
Si ce patronyme résonne fortement dans la mémoire collective, c’est qu’il est associé à l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire du football togolais : l’attaque de Cabinda en 2010.
À l’époque, Hubert Velud était chargé de conduire les Éperviers à la Coupe d’Afrique des Nations 2010 en Angola. Malheureusement, la sélection togolaise sera contrainte de déclarer forfait après l’attaque meurtrière survenue dans l’enclave de Cabinda, coûtant la vie à deux membres de la délégation togolaise.
Malgré ce drame, un constat demeure : sous la houlette d’Hubert Velud, le Togo disposait d’une équipe compétitive, capable de rivaliser avec les grandes nations africaines. Une aventure brutalement interrompue, laissant un profond sentiment de symphonie inachevée.
Seize ans plus tard, tel un appel du large pour le marin, le technicien français serait toujours taraudé par cette volonté de prendre sa revanche sur le coup de l’histoire qui l’avait empêché d’écrire des pages à succès avec les Eperviers. Histoire de parachever les sillons qu’il avait commencés à dessiner. Au-delà de la charge émotionnelle, plusieurs arguments plaident objectivement en sa faveur.
Une solide expérience du continent africain
Après une carrière de joueur et d’entraîneur en France, Hubert Velud pose ses valises en Afrique en 2009 avec le Togo comme première destination. Il y restera jusqu’en 2011 avant de poursuivre un riche parcours sur le continent.
Détenteur du diplôme UEFA Pro, il s’illustre notamment en Algérie, où il est double champion avec l’ES Sétif et l’USM Alger, vainqueur de la Coupe d’Algérie et sacré meilleur entraîneur à deux reprises. En République Démocratique du Congo, il mène le TP Mazembe au sacre en Coupe CAF 2016, à la Super Coupe de la CAF, ainsi qu’aux titres nationaux.
Au niveau des sélections nationales, Hubert Velud qualifie le Soudan et le Burkina Faso pour les phases finales de la CAN. Outre il a mis ses voiles au Proche-Orient où il a exercé au Koweït, avant une dernière expérience récente avec l’AS FAR de Rabat, au Maroc.
Une parfaite maîtrise du contexte togolais
Si l’ossature actuelle des Éperviers n’est plus celle de 2010, loin s’en faut, Hubert Velud connaît parfaitement les réalités et les difficultés du football togolais. À l’heure où la FTF recherche un profil capable de s’adapter rapidement à l’environnement local, son profil apparaît comme une option crédible et immédiatement opérationnelle.
Le technicien français aurait, en outre, une revanche symbolique à prendre, au regard de la fin tragique de son premier passage. Autre atout non négligeable : plusieurs anciens internationaux togolais, aujourd’hui proches de la sélection, ont évolué sous sa direction, ce qui pourrait faciliter la transition et la gestion du vestiaire.
Hervé AKAKPO

