Après la victoire précieuse des Éperviers du Togo face au Niger (1-0), le sélectionneur national Patrice Neveu n’a pas caché sa satisfaction, tout en dressant une analyse lucide de la prestation de ses joueurs et des enseignements à tirer de cette fenêtre FIFA de mars 2026.
D’entrée, le technicien français a salué une première période aboutie de ses hommes, dans la continuité du match face à la Guinée. « On a fait une bonne première mi-temps, un petit peu comme contre la Guinée. La différence, c’est qu’on a réussi à gagner le match », a-t-il souligné. Un succès qui vient soulager tout un groupe en quête de repères, mais aussi répondre aux attentes d’un public togolais en manque de résultats positifs. Pour Neveu, cette victoire a une portée symbolique importante : elle récompense les efforts des joueurs et redonne espoir autour du projet de reconstruction en cours.
Cependant, malgré l’avantage acquis très tôt dans la rencontre, le sélectionneur regrette un manque d’efficacité offensive. Les Éperviers auraient pu, selon lui, se mettre définitivement à l’abri dès la première période. « On aurait dû mener beaucoup plus largement à la mi-temps », a-t-il insisté, pointant notamment des choix perfectibles dans le dernier geste. Ce manque de réalisme reste un chantier prioritaire pour le staff technique.
Au retour des vestiaires, le visage du match a changé. L’adversaire nigérien, réorganisé en 3-5-2, a poussé les Togolais à reculer. Une situation que Neveu analyse avec nuance. « On a beaucoup reculé dans le jeu. Par moments, on a subi », reconnaît-il, tout en relativisant l’impact réel de cette domination adverse, qui s’est avérée peu dangereuse en termes d’occasions franches. Néanmoins, cette baisse de régime met en lumière une faiblesse dans la gestion des temps forts et faibles, un aspect que le sélectionneur entend corriger.
L’une des clés évoquées reste la maîtrise du ballon. Le technicien souhaite voir son équipe davantage imposer son rythme, notamment dans les moments où elle est sous pression. « On doit être beaucoup plus en possession, comme on l’a fait par petites séquences en fin de match », a-t-il expliqué. Une ambition qui s’inscrit dans une volonté plus globale de faire progresser le collectif vers un niveau de jeu plus abouti.
Au-delà du résultat, cette rencontre a également permis de mesurer la profondeur du groupe. Certains joueurs n’ont pas pu être utilisés, à l’image de Zuberu ou encore Boateng, mais restent des éléments importants dans la rotation. Le sélectionneur insiste sur la nécessité de multiplier les matchs amicaux afin de donner du temps de jeu à tous et d’affiner les automatismes. La prochaine fenêtre internationale de juin est d’ailleurs déjà dans le viseur du staff.
En dressant le bilan global de ce rassemblement, Patrice Neveu se montre globalement satisfait. « Le bilan est intéressant et plein d’enseignements pour l’avenir », affirme-t-il. Conscient des limites actuelles de son groupe, il évoque néanmoins la nécessité d’injecter davantage de qualité, notamment à travers l’intégration de nouveaux profils capables d’apporter un plus sur le plan technique et physique.
Mais s’il ne devait retenir qu’un point positif majeur de ce stage, ce serait sans hésiter l’état d’esprit affiché par ses joueurs. L’engagement, la solidarité et la discipline collective ont été au rendez-vous, malgré les exigences élevées du staff. « C’est le point fort du stage », insiste-t-il, tout en reconnaissant que ses méthodes peuvent parfois sembler dures. Une rigueur assumée, qu’il considère indispensable pour tirer l’équipe vers le haut niveau.
Avec une victoire et un match nul en deux sorties, les Éperviers repartent de cette fenêtre FIFA avec des motifs d’espoir, mais aussi des axes de travail clairs. Une étape supplémentaire dans le processus de reconstruction d’une sélection togolaise en quête de renouveau et d’efficacité.
Hervé AKAKPO

