Il y a des victoires qui appartiennent aux joueurs, au staff et à tout un groupe. Et puis, il y a celles qui portent aussi la marque d’un stade entier. Celle obtenue par les Éperviers du Togo face au Burundi, vendredi au stade de Kégué, appartient clairement à cette deuxième catégorie.
Dans une enceinte copieusement garnie, le public togolais a répondu présent et, surtout, a pleinement assumé son rôle de 12e homme. Pendant 90 minutes et jusque dans le temps additionnel, les tribunes ont vibré au rythme des chants, des encouragements et des poussées du public.
Cette fois, Kégué n’a pas été un simple théâtre de football. Le stade a vécu. Il a chanté, crié, tremblé et, surtout, poussé les Éperviers dans les moments où les jambes devenaient lourdes et où la pression montait d’un cran.

Au fil de la rencontre, le Burundi a tenté de revenir dans la partie et les dernières minutes ont semblé interminables. Chaque ballon repoussé, chaque duel remporté et chaque seconde qui s’écoulait étaient accompagnés par une clameur venue des tribunes.
Le public n’a alors rien lâché.
Au lieu de laisser l’inquiétude prendre le dessus, les supporters ont continué à chanter et à encourager les leurs. Cette énergie a accompagné les Éperviers jusqu’au coup de sifflet final.
Et puis est arrivé ce moment particulier dans le temps additionnel.
Dans les dernières secondes, les jeux de lumière ont commencé à illuminer les tribunes. Téléphones levés, flashs allumés, les différentes travées du stade de Kégué se sont transformées en une immense constellation. De la pelouse aux gradins, la lumière se mêlait aux chants et aux cris de joie.
Pendant quelques instants, tout Kégué a semblé vibrer comme un seul homme.
Ce spectacle improvisé a donné une dimension particulière à la soirée. Les lumières dans la nuit, les voix qui résonnaient dans l’enceinte et les joueurs qui tenaient jusqu’au bout ont créé une communion rare entre la sélection et son public.
Au-delà de l’importante mobilisation des supporters togolais, venus en nombre au Stade de Kégué pour pousser les Éperviers vers la victoire, la rencontre a également été marquée par une forte présence des autorités. Le ministre des Sports et des Loisirs, Dr Abdul-Fahd Fofana, était entouré de plusieurs membres du gouvernement, notamment Awate Hodabalo, ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Sena Alipui, ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, ainsi qu’Isaac Tchiakpe, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts. À leurs côtés figuraient également d’anciens ministres, parmi lesquels Pierre Lamadokou, Malick Natchaba et Lata Gnama. Cette présence remarquée traduit l’importance accordée au football et aux Éperviers du Togo au plus haut niveau de l’État, sous l’impulsion du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé.
Depuis longtemps, l’appel était lancé pour que le public retrouve pleinement cette culture du soutien. Vendredi soir, la réponse est venue des tribunes de Kégué.
Car au-delà du résultat et des trois points, le football a offert ce que le public togolais recherche souvent : un moment de bonheur collectif, une parenthèse où les soucis s’effacent et où tout un stade partage la même émotion.
Le temps de quelques heures, Kégué a été plus qu’un stade. Il a été un lieu de communion.
Et lorsque les lumières se sont allumées dans le temps additionnel, elles ont peut-être symbolisé ce qui avait déjà illuminé la soirée : l’unité retrouvée entre les Éperviers et leur public.
Hervé AKAKPO

