Du 4 au 11 octobre à la National Gymnastics Arena de Bakou s’est déroulé le 43ème Championnat du monde de judo. Si le Japon a tout raflé avec 8 titres sur 15, la France a vécu son pire Mondial depuis 2003 avec zéro médaille. L’Afrique, quant à elle, a tout simplement disparu des tableaux.
Etaient présents à ces championnats du monde, 622 athlètes issus de 93 pays. Du lot, à peine 25 Africains se sont engagés. L’Algérie a présenté 4 judokas seulement, alors qu’elle venait de dominer les Championnats d’Afrique à Nairobi en avril avec 4 titres. Elle est suivie de l’Égypte (3), le Cameroun (3), la Guinée (4), le Niger (4), le Madagascar (3), Afrique du Sud (2), Burundi (2), le Sénégal (2), la Tunisie (1).
Alors qu’elle avait annoncé 4 athlètes, la Direction Technique Nationale tunisienne avait finalement déclaré forfait sur blessure, Arij Akremi (-78 kg) et Siwar Dhaouadi (+78 kg) et Koussay Ben Ghares (-100 kg) pour raisons administratives. Seule Oumaima Bdioui, alignée en -48 Kg fût de la partie. Cependant, bien que volontaire dans l’effort, la médaillée d’argent aux Jeux Méditerranéens de Tarente 2026, a été éliminée au 2e tour.
L’Afrique invisible
Au tableau des médailles, aucune nation africaine : 0 or, 0 argent, 0 bronze. C’est la première fois depuis 2017 que l’Afrique repart bredouille.
A l’analyse de ce naufrage, il ressort que le fossé s’est creusé techniquement entre les athlètes africains et les autres. En effet, les Mondiaux de Bakou ont été marqués par un tour de vis arbitral historique sur les fausses attaques.
Les Européens et les Japonais, qui tournent toute l’année sur le World Tour, se sont adaptés. Et les Africains, qui ne font en moyenne que 2 tournois IJF par an, ont été sanctionnés en boucle. Aussi, cela lève un coin de voile sur l’après-Afrique du Sud raté.
Les Championnats d’Afrique 2026 à Nairobi avaient réuni 251 athlètes. Mais l’écart entre ce niveau continental et le niveau mondial est devenu abyssal. L’Algérie, qui dominait Nairobi avec Kaïs Moudetere (-66kg) et Mohamed El Mehdi Lili (+100kg), a vu ses 4 représentants sortir tous au 1er tour à Bakou.
En rire ou en pleurer ?
Puis vient l’éternel problème africain. Le manque de préparation. Et Oumaima Bdioui, la représentante tunisienne est le cas d’école. Seule représentante de son pays, elle a dû alterner un stage à Tunis et un stage en Allemagne avec Anis Lounifi faute de sparring-partners de haut niveau en Afrique du Nord. Et le résultat au bout du rouleau est sans ambages : un tirage au sort fatal contre l’ancienne championne du monde Assunta Scutto.
A défaut d’être visible aux Mondiaux, l’Afrique semble déjà refaire sa conscience au travers ses propres Mondiaux, les « Championnats continentaux mondiaux pour la Paix », la nouvelle compétition annoncée par l’IJF pour 2026 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. En rire ou en pleurer ?
Cyrille PESSEWU

