La salle Mgr Robert-Casimir Dosseh-Anyron de l’OCDI à Hédzranawoé a accueilli, vendredi 22 mai 2026, le congrès ordinaire de la Fédération Togolaise de Football (FTF). Cette rencontre statutaire a réuni les différents acteurs du football togolais autour des enjeux liés à la gouvernance, à l’organisation et au développement du football national.
Ce rendez-vous a permis aux congressistes de revisiter le chemin parcouru, d’évaluer les actions menées au cours de l’année écoulée, de corriger certaines insuffisances et de définir les perspectives pour les mois et années à venir.

Le président de la FTF, Guy Kossi Akpovy, a dressé un bilan contrasté de la saison écoulée. Il a reconnu les difficultés rencontrées sur le plan sportif, notamment les contre-performances des équipes nationales lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 et de la CAN, ainsi que les résultats insuffisants des sélections de jeunes. « Ces résultats appellent des réponses techniques sérieuses. Le changement de sélectionneur engagé en début d’année traduit notre volonté d’ouvrir un nouveau cycle », a-t-il expliqué.
Le président de la FTF a insisté sur la nécessité d’accentuer les efforts sur les piliers fondamentaux du football togolais, notamment le développement des compétitions de base, la régularité des championnats et la structuration du football féminin.

« La Fédération togolaise de football n’avance véritablement que lorsque ses membres parlent avec franchise, se respectent et décident ensemble de bâtir plutôt que de diviser. Que l’intérêt supérieur du football togolais soit le seul phare qui guide nos délibérations », a conclu Guy Kossi Akpovy.
Le président du Comité National Olympique du Togo, Déladem Akpaki, a salué les efforts déployés par la FTF pour améliorer la gouvernance, promouvoir la formation des jeunes et encourager le développement du football féminin.
Selon lui, le mouvement sportif togolais doit reposer sur « la rigueur dans la gestion, la transparence dans l’action, l’intégrité dans les compétitions et l’investissement dans la jeunesse ».
Après la validation des différents rapports, plusieurs communications ont été présentées aux congressistes. Les discussions ont notamment porté sur l’évolution du programme Forward de la FIFA et sur le projet du centre technique de football de Gbavé.
Le Directeur technique national, Dodji Eklu-Siabi, a dévoilé une nouvelle philosophie nationale de jeu axée sur des systèmes modernes et une identité footballistique mieux définie. Cette approche devra progressivement être intégrée dans les centres de formation et les clubs afin d’harmoniser le développement des joueurs dès la base.
De son côté, le président de la Ligue professionnelle de football, Wilson Bahun Tété, a confirmé le respect des échéances prévues pour le démarrage effectif du championnat professionnel en septembre 2026.
Les congressistes ont réaffirmé l’importance du football amateur, considéré comme le socle du renouveau du football togolais. Ils ont insisté sur la nécessité de mieux structurer les compétitions locales et de renforcer l’encadrement à la base afin d’assurer un développement durable du football au Togo.
La question de la gouvernance financière a également occupé une place importante au cours des travaux. Présentant une communication sur la reddition des comptes, le président de la commission des finances, Col. Agoro Médjéssiribi, a insisté sur la nécessité d’instaurer une culture de bonne gouvernance financière au sein des clubs et associations bénéficiaires des fonds de la fédération.
« Nous sommes dans une nouvelle culture de la bonne gouvernance, notamment celle financière. Tous les acteurs sont invités à adopter cette culture de reddition des comptes », a-t-il déclaré.
Il a révélé que plusieurs contrôles et évaluations de la gestion financière des clubs ont présenté des résultats non conformes. Face à cette situation, la fédération envisage de renforcer les capacités des trésoriers et responsables financiers des clubs, tout en prévoyant des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au gel partiel ou total des financements accordés.

Invité au congrès, le Directeur exécutif de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines de Football Zone B (UFOA-B), Philippe Tchére, a salué les initiatives engagées par la FTF et encouragé l’instance à poursuivre ses innovations en faveur du développement du football à tous les niveaux. Selon lui, « une fédération forte et unie est la meilleure garantie de succès de notre zone sur la scène africaine et mondiale ».
Représentant le ministre chargé de la Jeunesse et des Sports, le Secrétaire général du ministère, Kodzo Dogbéda Agano, a qualifié ce congrès de « moment de vérité ». « Au nom du gouvernement, je renouvelle mes encouragements au président de la Fédération togolaise de football, aux membres du comité exécutif, aux ligues, aux clubs, aux encadreurs, aux arbitres, aux joueurs, aux partenaires et à tous ceux qui œuvrent pour que notre football avance », a-t-il déclaré.
Le représentant du gouvernement a également souligné l’importance des réformes engagées avec l’appui de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA-B pour renforcer la structuration et la modernisation du football togolais.
« Le football togolais a besoin d’une fédération forte, crédible, ambitieuse, organisée et tournée vers les résultats. Cela demande de la vision, de la méthode, de la patience, une grande ambition et beaucoup d’abnégation », a-t-il insisté, avant d’ajouter que « le football togolais a besoin de débats francs, mais aussi et surtout de décisions utiles ».
Georges Apetsi

