Vacant depuis le 29 décembre 2025, le poste de sélectionneur national des Eperviers du Togo, un mois après, n’est toujours pas pourvu. Dans la foulée, des noms sont évoqués, des favoris désignés puis recalés, dans l’opinion. En l’absence d’informations officielles, les supputations vont bon train.
De ce que l’on sait du processus, nous confie une source bien introduite, c’est que pour le choix de l’« oiseau rare », la FTF a spécialement privilégié l’approche « consultations restreintes », plutôt qu’un « appel à candidatures », la pratique usuelle. Et pour ce faire, une dizaine de dossiers ont été enregistrés, tous portés par des techniciens occidentaux, précise notre source. Parmi ces candidats figure des noms bien connus sur le continent à l’instar de Hubert Velud.
Velud, Guégan, Cavilli…Que dit la boule ?
« Du lot, Hubert Velud, du point de vue analytique, a plus de chances », nous confie une autre source proche du dossier. Observateur avisé, cette dernière met notamment en évidence, la connaissance de l’environnement du football togolais par le technicien français. Lequel est encore particulièrement lié à l’histoire du football togolais, au travers de l’Attentat de Cabinda (Angola) en 2010. A cela s’ajoute sa large connaissance du football africain, pour avoir été également sélectionneur du Soudan (2020-2021) et du Burkina Faso (2022-2024).
Puis l’ancien entraineur de l’US Créteil (2005-2006), passé par Paris FC (1992-1999) a également monnayé ses talents avec plusieurs clubs de renoms en Afrique comme Stade Tunisien (2012), l’USM Alger (2013-2015), le TP Mazembe (2016), Etoile du Sahel (2017), JS Kabylie (2019-2020) et AS FAR (2024). Des atouts qui, avance plus loin notre source, font sportivement plus pencher la balance du côté de Velud.
Si le technicien français de 66 ans, par son expérience et sa connaissance surtout de l’environnement togolais, pour avoir déjà occupé le poste de sélectionneur des Eperviers entre 2009 et 2010, part avec des avantages certains sur ses challengers, bien malin saura tout de même présager l’issue finale. Tant les noms affluent, avec des qualités et chances relatives. Ce, tout en tenant compte également des détails et paramètres externes dont il faut tenir compte.
En effet, outre Hubert Velud, le nom de Olivier Guégan (53 ans), est aussi cité. Reconnu fin tacticien et pour sa capacité à bâtir des projets ambitieux, le technicien français traine le handicap d’avoir un CV bien vierge en Afrique. Selon les informations du confrère Afrikdepeche.tg, M. Guégan met beaucoup plus en avant, des valeurs telles que le travail, la solidarité, la fierté et l’ambition. Et pour la réussite de sa mission à la tête des Eperviers, l’ancien entraineur du Stade de Reims, du Valenciennes FC, du FC Sochaux-Montbéliard et du Grenoble Foot 38 compte mettre évidence une approche pratique et gagnante. Celle de construire un projet commun, définir une vision partagée et s’appuyer sur un leadership fort.
Comme s’il s’agissait de la Trinité, le troisième nom ronflant dans le processus est Jean-Michel Cavalli (66 ans). Entraîneur français, ce dernier qui a déjà dirigé deux sélections africaines, notamment l’Algérie (2006-2007) et le Niger (2020-2023) se révèle également un candidat sérieux pour le poste de futur sélectionneur national du Togo. Car, au-delà de son expérience pour avoir dirigé des clubs en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, M. Cavilli, selon les indiscrétions, repose sa philosophie et son projet sur la structuration de l’équipe et le développement de jeunes joueurs.
Nécessité d’un choix judicieux
A la lumière de ce qui précède, il est évident que des noms se bousculent aux portillons de la sélection nationale. Et pas des moindres. Mais l’autre évidence est qu’aucun technicien national n’est évoqué. Certainement une résultante logique de la récente mauvaise expérience de la piste locale essayée à la saveur de goût amer. Une approche que certains analystes jugent salvatrice, au regard surtout du niveau d’affaissement de la sélection nationale qui nécessité désormais à sa tête, un entraineur qui allie expérience, rigueur et projet.
Ceci, opposé au grand défi de l’heure qu’est la professionnalisation du football local. Et cette réforme implique la remise du compteur à zéro, et composer prioritairement avec des érudits et hommes de métier. « C’est bien d’être chauvin. Mais je crois qu’il faut laisser encore du temps aux entraineurs nationaux pour mieux s’aguerrir et prouver de quoi ils sont capables. Sinon pour le moment, ils ont encore du chemin à faire… », avoue un observateur avisé du football national.
Bientôt la prochaine date FIFA, le mois prochain. Et les prochaines échéances pour le Togo s’annoncent au mois de septembre avec les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027. Absent sur la scène continentale depuis 2019, le Togo n’a plus droit à l’erreur. L’attente est grande et retrouver, par tous les moyens le chemin de la victoire, doit-être le leitmotiv. D’où la nécessité d’un choix judicieux. Loin des jeux d’intérêts, de concurrence déloyale et de relents de mauvais perdants. Des facteurs qui, souvent, favorisent le mal-être autour de la sélection nationale au Togo.
Cyrille PESSEWU

