Le Togo est vice-champion du monde de maracana. Une médaille d’argent conquise au terme d’un parcours remarquable à Douala au Cameroun, qui confirme les progrès de cette discipline au Togo. Mais au-delà des félicitations, cette performance pose une question essentielle : le pays saura-t-il enfin donner au maracana les moyens de ses ambitions ?
Il faut parfois savoir regarder au-delà d’une médaille. Celle ramenée du Cameroun par les maracaniers togolais vaut bien plus que sa couleur argentée. Elle est le fruit d’un parcours exceptionnel et constitue surtout un signal fort envoyé à tous ceux qui ont encore tendance à considérer le maracana comme une discipline secondaire.
Le Togo a d’abord dominé son groupe en venant à bout des États-Unis, du Canada et de la France. Puis il a éliminé le Brésil en quarts de finale avant de faire tomber le Cameroun, pays organisateur, en demi-finale. Une victoire acquise au terme d’un combat épuisant, qui a ouvert aux Togolais les portes de la finale.
Face à la Côte d’Ivoire, championne en titre, les organismes ont fini par payer les efforts consentis la veille. Les Éperviers du maracana se sont inclinés 4-1. Mais cette défaite ne saurait ternir l’éclat d’un parcours qui les propulse sur la deuxième marche du podium mondial.
Du bronze à l’argent : le progrès est tangible
Le Togo retrouve ainsi sa deuxième place mondiale derrière l’intouchable Côte d’Ivoire, qui confirme une nouvelle fois son statut de référence de la discipline. Et c’est précisément là que se trouve le véritable enseignement de cette aventure camerounaise.
Le maracana togolais peut rivaliser avec les meilleurs.
Alors, que fait-on de cette démonstration ?
C’est désormais aux pouvoirs publics, à la Fédération Togolaise de Maracana et au secteur privé de répondre. Car il serait dommage que cette médaille soit célébrée pendant quelques jours avant de disparaître dans les archives du sport togolais.
Le maracana vient de prouver qu’il peut offrir au Togo une visibilité et des médailles sur la scène internationale. Il mérite donc davantage d’attention, de moyens et de planification. La Fédération a besoin d’un accompagnement plus conséquent pour structurer davantage la discipline, améliorer la préparation des sélections, développer les compétitions et assurer la relève.
Et pourquoi ne pas aller plus loin ?
Pourquoi ne pas faire du maracana une discipline davantage pratiquée par les jeunes ? Pourquoi ne pas investir dans la sensibilisation, la vulgarisation, les compétitions scolaires, universitaires et locales ? Pourquoi ne pas intéresser davantage les entreprises et les partenaires privés à une discipline qui possède déjà une vitrine internationale ?
La Côte d’Ivoire, elle, a compris ce que le maracana pouvait lui rapporter en termes de rayonnement et de résultats. Le Togo peut, lui aussi, faire ce pari.
L’accueil réservé aux vice-champions du monde a été à la hauteur de leur performance. La présence du ministre chargé des Sports, entouré notamment des présidents du CNO-Togo et de la FTF, a envoyé un signal positif. Les joueurs ont été célébrés. Ils le méritent.
Mais la véritable question commence après les applaudissements : que restera-t-il de cette reconnaissance lorsque les projecteurs se seront éteints ?
Il faut espérer que la célébration ne s’arrête pas à l’ambiance d’un retour triomphal. Les récompenses doivent être à la hauteur de l’effort accompli et constituer un encouragement. Mais surtout, elles doivent s’inscrire dans une politique durable d’accompagnement.
Messieurs les Vice-champions du Monde, recevez nos félicitations. Vous avez accompli votre mission sur le terrain. Vous avez porté haut les couleurs du Togo.
À ceux qui décident maintenant de prendre le relais.
Une médaille se célèbre. Une discipline se construit. Et le maracana togolais vient de gagner le droit d’être pris au sérieux.
Aimé Lebon

