Après quatre éditions de la CAN manquées, les Éperviers abordent les éliminatoires de 2027 avec une obligation qui dépasse le simple résultat d’un match : renouer avec la phase finale de la CAN et, surtout, redonner au football togolais une ambition à la hauteur de son histoire.
Le temps des observations est désormais révolu. Celui des véritables batailles commence. Ce 25 septembre, au Temple de Kégué, le Togo reçoit le Burundi pour la première journée des éliminatoires de la CAN 2027. Un rendez-vous qui vaut bien plus que trois points. Pour Patrice Neveu, arrivé à la tête des Éperviers depuis quelques mois, il s’agit du premier véritable examen grandeur nature à domicile. Jusqu’ici, le technicien français a surtout travaillé dans le laboratoire des matches amicaux. Désormais, il entre dans l’arène.
Les premiers signaux envoyés par sa sélection autorisent un certain optimisme. Lors de leurs deux premiers regroupements au Maroc, les Éperviers ont disputé quatre rencontres, avec deux victoires contre le Niger et le Bénin, ainsi que deux nuls face à la Guinée et à la Centrafrique. Sans révolutionner le football togolais, ces résultats ont néanmoins fait naître une chose devenue rare : l’espoir.
Mais l’espoir est parfois une arme à double tranchant. Parce qu’il fait naître des attentes.
Patrice Neveu avait été investi d’une double mission : reconstruire une sélection nationale et la conduire vers la CAN 2027. Or, à mesure que l’équipe semble retrouver de la sérénité et un nouvel esprit collectif, la première mission tend à s’effacer derrière la seconde. Les Togolais veulent désormais voir leur pays à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations sans d’autres formes de procès. Ils ont suffisamment patienté. La patience cependant a également des limites. Ils ne sont plus prêts à tolérer une nouvelle contre-performance, surtout avec ce nouvel espoir naissant.
Depuis la CAN 2017, dernière participation du Togo à la phase finale, les Éperviers, comme tous les Togolais, regardent la grande fête africaine du football depuis leur salon. Quatre éditions sans qualification, près d’une décennie d’absence. Une anomalie difficilement acceptable pour une nation qui, il y a vingt ans, découvrait encore l’ivresse d’une Coupe du monde. C’était en 2006 en Allemagne.
La situation est d’autant plus frustrante que la CAN compte désormais 24 participants. L’élargissement de la compétition aurait dû ouvrir davantage de portes. Pour le Togo, ces portes sont pourtant restées désespérément fermées.
C’est pourquoi le rendez-vous contre le Burundi doit constituer un déclic. Il ne s’agit pas de demander aux Éperviers de devenir subitement une sélection de stars. Cette équipe n’en est pas une. Mais elle semble, sous l’ère Neveu, dégager davantage de cohésion, de sérénité et de solidarité. C’est précisément sur cette base que peut se construire une ambition.
Encore faut-il que tout le pays se mette derrière elle.
Le Temple de Kégué doit être plus qu’une simple aire de jeu. Il doit sentir, mouvoir et agir un douzième homme. Un stade plein, bruyant, passionné, porté par des supporters et non de simples spectateurs venus regarder et observer. Dans les moments de doute, lorsque les jambes deviennent lourdes ou que le jeu se grippe, le public doit pouvoir insuffler cette énergie supplémentaire capable de faire basculer une rencontre. Et les Togolais savaient bien le faire.
La mobilisation doit donc être générale : joueurs, encadrement technique, dirigeants, médias, anciens internationaux, partenaires, pouvoirs publics et, surtout, supporters. Chacun doit comprendre que la reconquête de la CAN ne relève pas de la seule responsabilité de Patrice Neveu.
Le sélectionneur est attendu pour répondre sur le terrain. Les joueurs devront assumer leur maillot. Et le public devra, lui aussi, assumer son rôle, c’est-à-dire supporter sans relâche jusqu’au coup de sifflet final
Car après quatre CAN manquées, le Togo ne peut plus se contenter de promesses. Il lui faut des actes, des victoires et, surtout, une qualification.
Le 25 septembre, à Kégué, il ne s’agira donc pas seulement de battre le Burundi. Il s’agira de commencer à préparer la fin d’une longue absence. Il faut y croire et y travailler. Au front donc !
Aimé EKPE

