Togo / D1 LONATO : suspendu six ans, Toulassi Kokou contre-attaque et saisit la Commission de Recours
Le dossier de la présumée manipulation de matchs en D1 LONATO est loin d’avoir livré son épilogue. Sanctionné le 4 juin dernier par la Commission de Discipline de la Fédération Togolaise de Football (FTF), le président du FC Espoir de Zio, Toulassi Kokou, a officiellement engagé une procédure de recours afin d’obtenir l’annulation de la décision qui le frappe, le 24 juin 2026.
Interdit d’exercer toute activité liée au football pendant six ans et condamné à une amende de 500 000 FCFA, le dirigeant estime que la sanction prononcée à son encontre est juridiquement infondée.
L’affaire trouve son origine dans une conversation téléphonique datant du 21 mai 2026 entre Toulassi Kokou et Bola Théophile, entraîneur de l’AS Binah. À cette période, les deux formations étaient pleinement engagées dans la lutte pour le maintien en première division.
Cet échange, enregistré à l’insu du président du FC Espoir de Zio avant d’être diffusé sur les réseaux sociaux, avait conduit la Commission de Discipline de la FTF à ouvrir une procédure. Au terme de ses investigations, l’instance disciplinaire a infligé une suspension de six ans à Toulassi Kokou ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA. De son côté, Bola Théophile a écopé d’une suspension de cinq ans et six mois.
Dans sa requête adressée à la Commission de Recours, Toulassi Kokou sollicite l’annulation de la décision du 4 juin 2026, la levée de sa suspension et l’annulation de l’amende prononcée à son encontre.
La Commission de Recours dispose désormais d’un délai de dix jours, à compter de la notification du recours, pour rendre sa décision conformément au Code disciplinaire de la FTF. Si la sanction venait à être confirmée, le président du FC Espoir de Zio pourrait poursuivre la procédure devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Au-delà du cas individuel de Toulassi Kokou, cette procédure relance le débat sur les règles de preuve en matière disciplinaire dans le football togolais. La question demeure entière : un enregistrement clandestin peut-il, à lui seul, justifier une sanction aussi lourde, alors même que la Commission de Discipline a reconnu qu’aucune manipulation effective de rencontre n’avait été formellement établie ?
L’affaire a désormais pris une dimension nationale. Face aux nombreuses interrogations qu’elle suscite, l’Assemblée nationale a récemment interpellé le Gouvernement sur la gestion de ce dossier. En réponse, l’Exécutif a annoncé la mise en place d’une commission indépendante chargée d’établir les faits et de formuler des recommandations.
Cette nouvelle étape judiciaire pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans une affaire qui continue de secouer le football togolais.
Hervé AKAKPO

