Jeux du Commonwealth Glasgow 2026 : Benjamin Boukpeti détaille les coulisses de la première participation historique du Togo
Pour la toute première participation du Togo aux Jeux du Commonwealth, la délégation togolaise s’appuie sur une organisation minutieuse. Derrière les athlètes, un important travail de préparation est mené depuis plusieurs années afin d’offrir les meilleures conditions de performance. À la tête de cette organisation technique figure Benjamin Boukpeti, Team Manager de la délégation togolaise.
Ancien athlète de haut niveau et aujourd’hui responsable de la préparation sportive au sein de la Commonwealth Games Association (CGA) du Togo, Benjamin Boukpeti coordonne le suivi des athlètes, la préparation logistique et le fonctionnement de toute la délégation. Depuis Glasgow, il revient sur le travail accompli, les ambitions du Togo et les perspectives vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
D’entrée, Benjamin Boukpeti rappelle l’ampleur de l’événement.
« Les Jeux du Commonwealth, comme les Jeux olympiques, sont de très grands rendez-vous sportifs. Plus de 70 nations sont représentées ici à Glasgow. Une participation à une telle compétition ne s’improvise pas. La préparation débute généralement deux à trois ans avant les Jeux, parfois davantage. C’est un long processus qui se fait en collaboration avec les fédérations nationales. »
Au sein du CGA Togo, son rôle est clairement défini.
« Je suis chargé de la préparation du haut niveau. Nous travaillons en étroite collaboration avec le Directeur technique national afin d’assurer le suivi de la progression des athlètes. Nous établissons d’abord une liste élargie d’athlètes susceptibles de se qualifier, puis, au fil des mois, nous affinons cette sélection jusqu’à obtenir la délégation définitive. »
Au-delà de l’aspect purement sportif, Benjamin Boukpeti insiste sur le travail diplomatique et institutionnel réalisé pour permettre au Togo de participer à davantage d’épreuves.
« Il faut saluer le travail remarquable réalisé par notre président de la Commonwealth Games Association, Deladem Akpaki. Grâce à son leadership, le Togo est représenté dans près de 30 % d’épreuves supplémentaires par rapport aux prévisions initiales. Pour une première participation, c’est une avancée considérable qui renforce la visibilité de notre pays. »
Le Team Manager souligne que cette réussite est avant tout celle des dirigeants du comité.
« Mon travail consiste surtout à accompagner les meilleurs athlètes dans les meilleures conditions possibles. Mais le fait d’avoir obtenu une délégation aussi importante est véritablement le résultat du travail de nos dirigeants et particulièrement de notre président. »
Il se réjouit également de la qualité de l’encadrement mis en place autour des sportifs.
« Aujourd’hui, notre délégation est parfaitement structurée. Nous avons un chef de mission, un Team Manager, des entraîneurs pour chaque discipline – boxe, judo et athlétisme –, un physiothérapeute chargé de la récupération ainsi qu’un médecin expérimenté, qui est également le médecin des Éperviers. Chacun connaît son rôle et nous travaillons en parfaite coordination. »
Concernant les conditions de séjour et de préparation, le responsable technique affiche sa satisfaction.
« Nous bénéficions aujourd’hui de très bonnes conditions. Bien sûr, il y aura toujours des choses à améliorer dans la préparation, mais en matière d’organisation, de professionnalisme et de structuration, nous avons franchi un véritable cap. À notre échelle, nous nous rapprochons des standards des grandes nations sportives. Désormais, c’est à nous de transformer cette organisation en performances sur le terrain. »
Pour lui, l’essentiel reste l’état d’esprit des athlètes.
« Je ne suis pas celui qui fait les grands discours. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la performance. Je veux voir des athlètes totalement investis, conscients de la responsabilité qu’ils portent. Nous sommes ici pour faire rêver le peuple togolais, pour inspirer les jeunes à pratiquer le sport. Nous avons reçu les moyens nécessaires pour participer à cette compétition dans de bonnes conditions. En retour, nous devons honorer le drapeau en donnant le meilleur de nous-mêmes. Ensuite, le résultat dépendra aussi des circonstances de la compétition, mais personne ne devra avoir le moindre regret. Et si une opportunité de réaliser un grand résultat se présente, nous irons la chercher sans hésitation. »
Interrogé sur les ambitions du Togo lors de cette première participation, Benjamin Boukpeti préfère rester mesuré tout en affichant une réelle confiance.
« C’est un contexte particulier. Les Jeux du Commonwealth réunissent des nations différentes de celles que nous affrontons lors des Jeux de la Francophonie ou des Jeux de la Solidarité islamique. Nous sommes encore dans une phase de découverte. Cette compétition s’inscrit aussi dans notre préparation vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. »
Il constate néanmoins les progrès réalisés par la délégation au cours des dernières années.
« Entre Paris 2024, les Jeux de la Solidarité islamique 2025 et ces Jeux du Commonwealth 2026, notre progression est évidente. Aujourd’hui, nous disposons d’un véritable encadrement professionnel, d’une organisation solide et d’une équipe compétente autour des athlètes. »
Même s’il refuse de fixer des objectifs chiffrés, il estime que certains Togolais possèdent de réelles chances de briller.
« Je pense que nous pouvons aller chercher de belles performances, pourquoi pas des finales, voire des médailles. Je manque encore de recul pour être plus affirmatif, mais je sens que nous avons des athlètes capables de créer de belles surprises. En boxe notamment, chez les poids lourds, Salifou m’impressionne par sa concentration et son potentiel. Ensuite, tout dépendra aussi du niveau des adversaires. »
Le Team Manager met également en avant la progression de plusieurs athlètes de l’équipe togolaise.
« Médard Nayo a égalé cette saison le record national sur 100 mètres. Mackman détient le record national du 800 mètres. Philippe Jo Petitjean est lui aussi détenteur d’un record national. Nous disposons d’athlètes performants dans leurs disciplines. Désormais, ils doivent continuer à se confronter au très haut niveau international pour franchir un nouveau palier. »
Avant de conclure, Benjamin Boukpeti adresse un message empreint d’émotion au public togolais.
« Je veux faire une promesse au peuple togolais. Je suis profondément engagé pour ce drapeau. Je ne sais même pas toujours d’où vient cette motivation, mais je me sens investi d’une mission. Ce que je veux offrir au public, ce sont des athlètes qui se battent, qui donnent tout et qui font rêver. Mon plus grand souhait est que nous rentrions au pays avec de belles performances et des sportifs qui rendent fiers tous les Togolais. »
Envoyé Spécial,
Aimé Lebon EKPE

