Du 25 au 27 août 2026, l’hôtel Mirambeau accueille un atelier de la Confédération africaine de football (CAF) consacré à l’initiative pour des stades sécurisés. Organisée sous l’égide de la Fédération Togolaise de Football (FTF), à travers son département de la sûreté et de la sécurité, en collaboration avec la faîtière du football africain, cette formation réunit plusieurs acteurs clés de la sécurité et de l’organisation des rencontres sportives au Togo.
Des représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale ainsi que des responsables des clubs engagés dans les championnats de première et de deuxième divisions prennent part à ces travaux. L’objectif est de renforcer leurs compétences et, surtout, de promouvoir une ivéritable culture de la sûreté et de la sécurité dans les stades africains.
Guy Akpovy : « Un stade doit être un lieu de passion, de ferveur, de communion et de joie »
À l’ouverture officielle des travaux ce mardi 25 août, le président de la FTF, le Colonel Guy Akpovy, a insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage l’organisation des matchs de football.
« Aujourd’hui, nous le savons tous, il ne suffit plus d’organiser un match. Il faut savoir organiser un événement sportif dans toutes ses dimensions », a-t-il déclaré.
Pour le président de la FTF, un match moderne ne se résume plus aux joueurs, aux entraîneurs et aux arbitres. Il implique également les officiels, les médias, les partenaires, les spectateurs, les services médicaux, la logistique, la billetterie, la gestion des flux et, surtout, un environnement sécurisé.

Le Colonel Guy Akpovy a également rendu hommage au président de la CAF, Patrice Motsepe, pour les efforts engagés en faveur de la professionnalisation du football africain. Selon lui, cette transformation doit toucher aussi bien le terrain que la gouvernance, l’administration, l’arbitrage, la médecine sportive, la gestion des compétitions, la formation des commissaires de match, le développement des clubs et la sécurité.
« Le football africain ne pourra franchir de nouveaux paliers que si ses hommes et ses femmes sont formés, outillés et responsabilisés », a-t-il souligné.
Abordant directement la question de la sécurité dans les enceintes sportives, le président de la FTF a rappelé qu’un stade doit rester un espace de passion et de convivialité.
« Un stade doit être un lieu de passion, de ferveur, de communion et de joie. Il ne doit jamais devenir un espace de peur ou de danger », a-t-il martelé.
Cette responsabilité concerne l’ensemble des acteurs, du joueur à l’arbitre, en passant par le supporter, le journaliste, les dirigeants de clubs, les partenaires, les personnalités et les invités.
La sécurité, une science de l’anticipation
Durant les trois jours de formation, plusieurs thématiques majeures sont abordées, notamment le contrôle des accès, la capacité des stades, la gestion des foules, les plans d’urgence, les objets interdits, les engins pyrotechniques, les dispositifs de barrières ainsi que la coordination entre les différents services impliqués dans l’organisation d’une rencontre.
Pour Guy Akpovy, la sécurité ne doit surtout pas être improvisée. Elle doit être pensée et préparée en amont, se poursuivre pendant la rencontre et ne prendre fin qu’après le départ du dernier spectateur.

Présent à Lomé en qualité d’instructeur CAF au département de la sûreté et de la sécurité, le Camerounais NDOUA ZIE Christian estime que cette initiative arrive à point nommé.
Il rappelle que plusieurs incidents survenus par le passé dans les stades africains ont souvent été liés à des insuffisances en matière d’organisation et de planification. D’où la nécessité, selon lui, de former les différents acteurs afin qu’ils puissent travailler de manière coordonnée.
« Il fallait apprêter au plan de la formation tous les acteurs qui sont en charge de la sécurité pour qu’ils puissent travailler de manière conjointe », a-t-il expliqué.

Le contenu de la formation porte notamment sur l’importance de la sécurité, le cadre réglementaire des compétitions, les capacités de sécurité, le lien entre la billetterie et la sécurité ainsi que les différentes dispositions nécessaires pour garantir la protection des personnes présentes dans les stades.
L’objectif est également de faire des participants de véritables relais auprès de leurs collaborateurs afin que les compétitions organisées au Togo puissent progressivement atteindre les standards de sécurité exigés par la CAF.
Diabaté Zakarihya : « La sûreté et la sécurité, c’est une science »
Autre instructeur CAF présent à Lomé, l’Ivoirien Diabaté Zakarihya insiste lui aussi sur la nécessité de rompre avec les anciennes méthodes d’organisation.
Selon lui, la sûreté et la sécurité ne peuvent plus être considérées comme de simples opérations ponctuelles réalisées à l’approche d’un match.
« La sûreté et la sécurité, c’est une science », a-t-il expliqué, précisant qu’elles reposent sur des statistiques, des données, des informations, des évaluations et des calculs.
L’expert ivoirien met particulièrement l’accent sur la planification et l’évaluation des risques. Pour lui, l’organisation d’un match doit être pensée comme un véritable parcours, depuis l’arrivée du spectateur jusqu’à son départ du stade.

Le premier défi consiste notamment à assurer un contrôle efficace aux différents points d’accès, à procéder aux fouilles nécessaires et à déterminer les objets autorisés ou interdits dans l’enceinte sportive. Pendant le match, la gestion des mouvements de foule et la coordination des différents services deviennent essentielles.
Un centre d’exploitation pour coordonner les opérations
La formation met également en lumière l’importance du centre d’exploitation du stade, véritable point névralgique de la coordination sécuritaire.
Dans cet espace doivent se retrouver les principaux responsables impliqués dans la gestion de la rencontre : direction du stade, forces de sécurité, responsables de la sécurité du pays hôte, représentants de la CAF, services médicaux, sapeurs-pompiers et autres parties prenantes.
Grâce aux moyens de communication et aux dispositifs de vidéosurveillance, les responsables peuvent suivre la situation en temps réel et intervenir rapidement en cas de nécessité.
Pour Diabaté Zakarihya, cette organisation permet d’améliorer la coordination et de prendre des décisions rapides en cas d’incident.
Vers des standards internationaux
Au-delà des connaissances théoriques, l’atelier vise également à donner aux participants des outils pratiques leur permettant d’améliorer la gestion sécuritaire des rencontres organisées au Togo.
L’instructeur CAF a par ailleurs indiqué que les participants auront la possibilité d’être enregistrés pour suivre une formation de la FIFA consacrée à la sûreté et à la sécurité, ainsi qu’une formation basée sur les standards européens en matière de sécurité et de service.
L’ambition est de permettre aux acteurs togolais, qui sont régulièrement appelés à organiser des matchs, de disposer d’une vision plus globale des normes internationales.
Durant trois jours, les représentants de la Police, de la Gendarmerie, des clubs de D1 et de D2 et les autres acteurs concernés sont ainsi appelés à échanger, partager leurs expériences et renforcer leurs capacités.
À travers cette initiative, la FTF et la CAF veulent contribuer à faire des stades togolais des espaces mieux organisés, mieux sécurisés et davantage adaptés aux exigences du football moderne, afin que supporters, familles, joueurs, officiels et autres spectateurs puissent vivre les rencontres dans un environnement sûr et serein.
Hervé AKAKPO

